Le rêve d'Anna

tout tout tout

04 juin 2008

Come back

L'envie me reprends d'écrire à nouveau après plusieurs mois d'absence et d'inactivité bloguesque. Beaucoup de choses se sont passées : Augustine de Kervalec a été supprimée définitivement. J'ai quitté aussi définitivement le parti dans lequel je m'étais investie, même si la politique est la propriété de tous j'ai fini par être désabusée et découragée par les politiciens eux-même. Même avec beaucoup de volonté, de patience et de courage la politique est prise en otage par des "professionnels". D'autres choses aussi ont changées, mais cela ne regarde que moi. Alors aux prochains jours.

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28 octobre 2007

L'étoile d'Alger d'Aziz Chouaki

Aziz Chouaki : source www.ecrivains-de-mars.com       CHOUAKI_Aziz_bs


"L'étoile d'Alger" est un roman sur lequel j'ai déjà écrit sur augustine.canalblog.com
Je me suis inscrite sur Obiwi dans la rubrique Culture, on peut y retrouver la participation suivante :


Qui est Aziz Chouaki ?

Aziz Chouaki est un écrivain, dramaturge, musicien, algérien francophone. Il naît en 1951 à Alger et est diplômé de littérature anglaise à l'université d'Alger. Romancier et dramaturge, son théâtre est fréquemment joué en France et à l'étranger.

Il réside en France depuis 1991. Il se fait connaître par Les Oranges, texte monté de très nombreuses fois à ce jour. Auteur portant son regard cynique sur le monde qui l'entoure. Son roman L'étoile d'Alger en est un exemple. Dans un article datant du 10 novembre 2004, Le Monde titre « L'écriture mosaïque d'un frondeur ». Dans cette description nous y reconnaissons l'écriture découverte tout au long du roman que nous présentons ici.

Le roman que nous présentons ici a pour fond le monde de la musique, l'auteur nous transporte dans l'Alger qu'il a connu, « Le Triangle », les bas-fonds algérois. La Musique est un objet particulier et fondamental pour l'auteur-musicien Aziz Chouaki « baigner tout de suite têtard arabe dans les Beatles , les Stones, Hendrix, puis toute la pelote, jusqu'au jazz, aujourd'hui. C'était Alger, la tendre blanche, orchestres de grands hôtels, boîtes de nuits à castagne.'

Notre lecture de « L'étoile d'Alger »

Moussa Massy, de son vrai nom Méziane Boudjiri, vit avec sa famille composée de quatorze personnes dans un petit appartement d'une cité pauvre d'Alger. Moussa Massy c'est son nom de scène, le nom qu'il espère voir en haut de l'affiche, il rêve de devenir le Michael Jackson algérien.
Un écrit haché, saccadé, simple, incisif parfois, percutant souvent. Ce sont les premiers sentiments à la lecture de L'étoile d'Alger d'Aziz Chouaki. Ce roman a pour héros Moussa, rêvant de devenir le Michael Jackson algérien. Son rêve c'est Paris, l'occident, devenir une étoile montante. L'auteur nous transporte dans l'Algérie des années 90, dans l'Alger des bas-fonds et de la nuit. Celle où l'on croise des Kamis regroupés au pied des murs, près des mosquées. Celle du FIS qui s'installe et qui prend de l'ampleur, celle d'une Algérie en décrépitude, en perte de vitesse, ses enfants s'exilent. Un cocktail d'alcool, de shit, de drogue appelée 6.15, de la drogue des pauvres le zombretto. On voit un homme qui s'enferme dans son rêve qui sort la nuit et dors le jour. Personnage qui souhaite briller de toutes les lumières de sa musique. Vêtements soyeux, chaussures de marques, sourire et rêves plein les yeux, le rêve de pouvoir enfin vivre avec sa copine Fatiha, fille d'un quartier riche d'Alger, le rêve de voir et d'entendre son nom Moussa Massy partout. La société dans laquelle il vit le rattrape à grands pas, ses amis partent, il se laisse pousser la barbe, une de ses dents se casse (l'image d'étoile est abandonnée), il devient violent. Il se coupe du monde, et vit dans un monde artificiel qui a failli le tuer lors de mélange drogue, alcool, shit. Une dernière note d'espoir : le consulat français. Après maintes tentatives dont la dernière est la prostitution l'histoire de Moussa Massy se termine avant l'épilogue par lequel l'auteur nous donne une estocade : la folle fin de Moussa. Une fin à lalaquelle nous aurions dû nous attendre, Aziz Chouaki nous laissant au fil des pages des indices nous prévenons de cette chute brutale. Car malgré la haine envers les islamistes scandée durant tout le roman, Moussa emprisonné pour meurtre rencontre l'extrémisme, il lit le Coran, devient un « érudit », une lumière, un sage vers lequel se tourne ses codétenus. Il lit et apprends avec acharnements cela finira par lui permettre d'accéder à une place de lumière, au centre des regards et des intentions comme celle qu'il espérait : devenir Nour, la lumière. Il rentre dans les mouvements extrêmes, en devient une tête pensante et un décideur pour terminer à la dernière page de l'épilogue dans le maquis. Moussa-Nour, se venge de cette société qui lui a brisé ses rêves, il commandite des assassinats dès la prison et continue son oeuvre en dehors. Il fait tuer poètes, communistes, scientifiques... il tue dans une rage de désir morbide. Moussa s'est suicidé laissant place à Nour, l'assassin...
Pour en savoir plus sur l'auteur et son oeuvre, allez sur le site d'Aziz Chouaki.

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15 octobre 2007

Stigmates. Vous avez dit Stigmates ? Quels Stigmates ? (23-05-07)

                                                    

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Qu’est ce qu’un stigmate ?

C’est un mot inventé par les grecs pour désigner des marques corporelles destinées à exposer ce qu’avait d’inhabituel et de détestable le statut moral de la personne ainsi stigmatisée. Ce sont des marques gravées sur le corps au couteau ou au fer rouge. Désignant ainsi un esclave, un criminel ou un traître. L’individu frappé d’infamie est impur et donc à éviter. On pourrait aussi se référer aux stigmates du Christ, mais là nous rentrons en théologie…

Aujourd’hui le terme s’emploi plus par rapport à la disgrâce elle-même qu’à sa manifestation corporelle. La société fonctionne en établissant des catégories de personnes avec des caractères attribués à chacune d’entre elles. Au vue de ces « stéréotypes » que sont les catégories établies nous avons tendance à anticiper sur le caractère de la personne rencontrée, nous sommes tous sujets aux préjugés, aux a priori. Ces préjugés amènent à une discrimination. Cette discrimination quelle soit négative ou positive, sont à mon sens toutes deux négatives car elles marquent la différence (conséquence du stigmate) plus que les capacités des individus. Ici je ne parlerais que d’une catégorie de stigmates, ceux qu’on appelle raciaux. Afin de contrer toute accusation de racisme qu’on semble m’attribuer facilement en ces temps de grandes passions malignes : il faut comprendre que pour moi il n’y a pas de raisonnement en races car cela n’a pour moi aucun fondement idéologique ni rationnel. J’utilise ce mot pour définir ce qui chez l’autre peut être symbole, attributs déterminants ou autres dans son rapport à son prochain… J’espère que c’est clair.

Dans la vie de tous les jours face aux personnes stigmatisées les réactions peuvent être différentes.

- Une absence totale de prise en compte de ce stigmate et un comportement égal.

- Une réaction violente

- Ou bien ceux qui se considérent comme « normaux » vont dans la communication (de différents types qu’elle soit) faire semblant de ne pas porter d’importance à cette « différence ».

Dans ce dernier cas, les « normaux » tentent de continuer de faire comme si de rien n’était. Le comportement est donc faussé, la personne en face n’est pas dupe. Cela crée donc ce que l’on appelle un « malaise », les allusions sont prudentes, les réactions ne sont plus naturelles mais forcées pour ménager le « stigmatisé ». Lorsqu’une personne « stigmatisée » se met en scène, "se donne en spectacle parce qu’elle a enfreint la loi, la morale, gagné un prix ou s’est introduit la première dans un quelconque domaine, la rumeur s’en empare". Les divers moyens de communication et de diffusion l’amplifient.  Comme le dit Erving Goffman, sociologue et linguiste américain auteur de « Stigmate » et « Asiles », ce qui est certain c’est que « ceux qui partagent le même stigmate de cette personne notoire se trouvent soudain en position d’être assaillis par les normaux qui les entourent  et soumis à un certain transfert de valeur, à leur crédit ou à leur discrédit. » Mon expérience personnelle ne peut que le certifier : le terrorisme islamiste, la montée d’une gueule d’arabe au gouvernement, la loi Stasi, le voile etc….

L’individu stigmatisé peut ne pas rester seul dans son expérience, car tout d’abord il y a ceux qui vivent la même situation et il y a ceux que l’on appelle les « initiés » c'est-à-dire ceux (normaux) qui « pénètrent et comprennent intimement la vie secrète des stigmatisés, tel que les militants associatifs qui s’impliquent dans un centre d’hébergement d’urgence pour SDF ou encore la femme d’un aveugle. Quand le stigmate (dans son sens général) est inné, [attention !! je parle d’inné dans le sens où on parle de stigmate à la naissance et non dans le sens d’héritage génétique], le cocon familial permet de protéger l’enfant [comme un enfant aveugle par exemple ou encore handicapé mental], néanmoins c’est à l’école que l’enfant apprend son stigmate à coups de taquineries ou de sarcasmes de ces camarades.

De tous les attributs au stigmate « origine étrangère » le plus simple à changer est le nom, d’ailleurs quand on demande la naturalisation française c’est l’une des propositions faites par l’administration, ce qui veut dire dans le clair du clair « abandonnez vos vêtements dépassés on vous en offre des nouveaux ». Toutefois d’autres attributs ne peuvent être changés : tel que l’accent, la couleur de la peau, les traits du visage, les cheveux (qui peuvent être facilement transformés)

Mais ce rejet par l’autre du stigmate n’est pas seul à exister, car le stigmate peut aussi être attachant et « valorisant ». Le stigmate est avant tout une information sociale dans laquelle on retrouve des symboles de « valeurs » voire de prestige. Par exemple quand on montre du doigt une femme militante féministe dans un pays dit « islamiste », alors que les féministes françaises sont montrées du doigt comme complètement arriérées. Car le stigmate est manipulable à souhait, on peut en jouer facilement, le détourner, le transformer en faire valoir. « La danse du ventre … oui bien sûr je sais danser je vais te montrer » (même si je danse comme un pied et que je fais n’importe quoi en bougeant juste le bassin), « le couscous facile pour moi je suis née avec une couscoussière dans la main, eh qu’est ce que tu crois »

On peut penser que ces questions d’a priori, de préjugés ne peuvent réellement se poser qu’avec des inconnus, des gens de passage mais non car être dans un cercle familier ne veut pas dire se débarrasser des a priori et des comportements « attentifs » de chacun. La crainte de brusquer ou de blesser existe toujours, on parle et on agit avec des pincettes. Car ceux qui fréquentent les stigmatisés pensent devoir faire preuve constamment de tact et même je pourrais dire de dévouement à la « cause » de l’autre. Toutefois l’autre n’est pas dupe il est vu comme définitivement différent, même si c’est une vie commune pacifique et « égalitaire ». De ces a priori et préjugés je n’en suis pas exclue non, il ne faut pas se leurrer nous sommes tous bourrés de préjugés (que ce soient sur les origines nationales, la tendance sexuelle, les handicaps physiques, mentaux ou sociaux…) Certains les reconnaissent, d’autres nient leur existence ou même pire n'en sont même pas conscients.

                                           *** Pour illustration, je vais essayer de retranscrire au mieux un dialogue qui a eu lieu dans un bureau de vote dans mon superbe arrondissement il n’y a pas très longtemps. Le compte des bulletins de vote est fait, il est très tard, les procès verbaux sont remplis et paraphés. Après une pause cigarette bien méritée pour la détente et une discussion avec une amie. Deux petites dames (qui étaient au bureau d’à côté) sourires enjôleurs aux lèvres viennent me voir avec cette question ô combien subtile :

-        Nous sommes de la même famille ?

-        je ne penses pas non (j’avais appris par rumeurs qu’elles étaient peut-être à l’UMP)

-        Non mais je ne veux pas dire famille biologique, vous comprenez…

-        Je comprends mais non je ne pense pas…

-        Vous êtes dans quel parti ?

-        Je suis au PS. Je pense que nous ne sommes pas de la même famille ?

-        … Vous venez d’où ? (question que j’aime parmi toutes)

-        De la rue S… juste à côté, ça va ce ne fut pas loin pour arriver ici ce matin.

-        Vous venez d’où ?

-        Comment ça ?

-        …

-        Si vous voulez avant d’être rue S… j’habitais à Saint-Cloud et avant j’ai vécue à Rennes.

-        Ah de Rennes, nous aussi on vient de Bretagne, Saint-Malo vous connaissez ?

-        Les remparts de Saint-Malo, le port…oui bien sûr, j’ai un glacier extra chez qui je ne manque pas d’aller quand je suis là-bas il a toujours des parfums introuvables ailleurs.

S’ensuit toute une discussion sur la beauté et les trésors de Saint-Malo. Je termine cette charmante discussion par un sourire et une phrase de circonstance :

-        Même si nous ne sommes pas dans le même parti, dans le fond nous sommes bien de la même famille, celle de la République française. A mon souvenir je n’ai pas eu de retour à part quelques sourires qui se sont voulus acquiescer... Je ne leur en veux pas, au moins ces petites dames sont venues me parler.                 

                          *** J’étais assis parmi eux, déguisé, prêt à me méconnaître pour les supporter, me disant volontiers : « Fou que tu es, tu ne connais pas les hommes ! » On désapprend ce que l’on sait des hommes lorsqu’on vit parmi les hommes, - que peuvent faire là les yeux presbytes et perçants ! Et s’ils me méconnaissaient : dans ma folie, les ménageais plus que moi-même, et me vengeant souvent sur moi-même de ces ménagements. Piqué de mouches venimeuses et creusé comme la pierre par les nombreuses gouttes de méchanceté, ainsi j’étais assis parmi eux et je me disais encore : « Tout ce qui est petit est innocent de sa petitesse ! » C’est surtout ceux qui s’appelaient « les bons » qui m’ont paru les mouches les plus venimeuses : ils piquent en toute innocence ; ils mentent en toute innocence ; comment sauraient-ils être justes envers moi ! La pitié enseigne à mentir à quiconque vit parmi les bons. La pitié rend l’air lourd à toutes les âmes libres. Car la bêtise des bons est insondable. Me cacher moi-même et ma richesse, c’est là ce que j’ai appris là-bas ; car je les ai trouvé tous pauvres d’esprit. Ce fut là le mensonge de ma pitié de les avoir tous pénétrés. De voir et de sentir chez tous ce qui était pour eux assez d’esprit, ce qui était trop d’esprit pour eux. Leurs sages rigides, je les ai appelés sages non rigides, c’est ainsi que j’ai appris à avaler les mots. Leurs fossoyeurs : je les ai appelés chercheurs et savants, j’ai appris à troquer les mots. Les fossoyeurs prennent des maladies en creusant. Sous de vieux décombres dorment des exhalaisons malsaines. Il ne faut pas remuer le marais. Il faut vivre sur les montagnes. C’est avec des narines heureuses que je respire de nouveau la liberté des montagnes ! Mon nez est enfin délivré de l’odeur de tous les êtres humains ! Chatouillée par des souffles vifs comme des vins mousseux, mon âme éternue, elle éternue et jubile : « Santé ! » Ainsi parlait Zarathoustra (Friedrich Nietzsche)
                      ***

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Une guerre peut elle être juste? (Du 11 septembre et de la guerre en Irak) (10-09-06)

 

                                               colombe

Réflexion issue d’un débat entre deux philosophes dans la revue "Philosophie"


« La violence du monde est un fait, pas une thèse ! » (Monique Canto-Sperber, directrice de l’Ecole Normale Supérieure, spécialiste de philosophie morale et politique. Elle défend la prudence, et elle n’est pas tendre avec le discours américain teinté de réalisme brutal et d’idéalisme enflammé)


Une guerre peut-elle être juste ? Ceci est une question philosophique à laquelle le pacifiste répondra naturellement non. Mais laisser tuer n’est ce pas aussi tuer ? La guerre juste, notion élaborée chez Cicéron (modèle romain) comme chez Saint-Augustin (modèle chrétien). Cette notion part du principe qu’il existerait un ordre du monde susceptible d’être troublé par une agression. Dans le fond nous sommes toujours dans un état de conflit, où la paix est un but à maintenir, l’évitement de la guerre. Cette dernière se justifiant dans la mesure où elle vise à modérer la violence ou à éviter la fin du monde. Actuellement nous sommes immergés dans des situations où la guerre est toujours possible. C’est pourquoi apparaît l’idée de justice dans la guerre. Pour se faire elle doit être argumentée… dont les règles codifiées dans la convention de Genève et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.   

Dans quel cas la guerre peut elle être définie comme juste ? Nous héritons à ce sujet des pensées de Saint-Augustin et de Grotius (contemporain de René Descartes) Le christianisme recommandant de s’abstenir de toute violence apparaît alors l’idée de guerre « juste ». C’est pourquoi on peut voir chez Saint-Augustin un lien entre la guerre et le bien. La guerre est donc légitime si elle a pour but d’éradiquer un mal et d’établir un bien. Les interventions humanitaires ou les guerres censées promouvoir la liberté et la démocratie s’en inspirent. Elles tendent à faire des guerres qui se veulent justes des guerres à prétention morale. Pour Grotius, qui va plus loin, il va détacher le recours à la guerre de la poursuite d’un bien et donner à la guerre juste une définition plus procédurale (un ordre juridique). La justice de la guerre ne peut être conçue en dehors d’un filet étroit de raisons, de justifications, de règles et de limites.    Dans la guerre les valeurs et les normes font partie du réel autant que les passions ou les intérêts. Le monde est violent, c’est pourquoi il est utile d’élaborer des règles qui en préservant un minimum de justice dans la guerre, nous préservent aussi du moralisme. Car les guerres « à prétention morale » menées au nom d’un bien, risquent de se montrer dangereuses en raison d’un risque d’illimitation.    Jusqu’au siècle dernier les guerres se faisaient entre Etats, seuls acteurs internationaux identifiés, et dans une alternance assez nette entre état de guerre et état de paix. Aujourd’hui, ces caractéristiques ne sont plus. Dans le cas des guerres entre Etats, il existe des régulations traditionnelles qui ne peuvent plus être de mises aujourd’hui au regard du terrorisme par exemple, ennemi invisible, insaisissable et imprévisible. Raymond Aron disait déjà qu’avec l’internationalisation du monde on risquait d’engendrer de la violence.    Comme le dit Monique Canto-Sperber dans un article, « le danger majeur ne me semble pas résider dans un prétendu « choc des civilisations », mais plutôt dans la multiplication des phénomènes de mimétisme concurrentiel : les passions s’alimentent des rivalités qui naissent inévitablement de la mise en communication des cultures »  

Comment définir ici un terroriste ? On peut qualifier de terroriste un groupe ou un individu, qui peut être au service d’un Etat ou pour son propre compte, qui agresse délibérément des êtres désarmés. Les Etats ont perdu le monopole de la violence, mais aussi le monopole de la légitimité.    André Glucksmann (Philosophe qui a écrit une critique de la stratégie américaine au Vietnam. Pro intervention en Irak. Il revient sur ce que le philosophe nomme le « crime de l’indifférence », le pire parce qu’il autorise tous les autres) quant à lui pose la question du terrorisme comme outils d’Etats. De nombreux Etats agissent par terroristes interposés. Les grands mouvements mus par la haine de l’Occident sont des mouvements occidentalisés (les armes, les usages… sont d’origine occidentale)   

La paix perpétuelle serait-elle autre chose que la mort ? Nous aimerions croire que le monde est fait pour s’entendre, malheureusement la télévision constamment dément cette vision. Du coup, il faut des coupables… qui ne peuvent être que la cause unique de tout le mal. Ça peut être les américains, les terroristes, … « Et si nous décidions à regarder les choses en face, dans l’horizon des guerres, de la dévastation et de la fureur, nous parviendrions à élaborer des stratégies de prévention et de dissuasion. Et donc des paix. » André Glucksmann

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Les nouveaux prolétaires (29-10-06)

Non la classe populaire n’est pas morte, elle est formée aujourd’hui de 7 millions de personnes en France, un français sur sept ne gagne pas sa vie correctement. On ne les appelle plus « ouvriers » on peut parler maintenant de techniciens de surface, d’agents de production, d’hôtesse de caisse, d’opérateurs, etc. Ces prolétaires ne sont pas visibles, pourtant ils sont partout : dans le nettoyage, dans les fast-foods, dans la restauration et l’hôtellerie, dans le télémarketing…. Cette classe laborieuse a la vie dure, les parents étaient OS les enfants sont devenus des esclaves de l’industrie tertiaire, routiniers, smicards à vie. Le gouvernement aujourd’hui se targue de faire baisser le chômage, mon œil ! Les postes créés sont des postes précaires : CDD, missions d’intérim, contrats aidés (payés une misère). Conditions de travail dignes du siècle dernier, patrons puissants et usant des outils permis par la législation. L’ouvrier moderne doit « fermer sa gueule » sinon il risque de perdre son travail. Les horaires gruyère, les conditions misérables, la cadence insoutenable pour plus de rentabilité sont leur quotidien. Pourtant c’est un droit que de pouvoir vivre tout simplement, avoir un logement (quand on peut, des smicards ne peuvent pas toujours accéder au logement) décent, accéder aux loisirs, aux institutions culturelles. Aujourd’hui l’INSEE estime que 50% des emplois créés en 2001 à temps complet appartenait à la catégorie des bas salaires (contre 41% en 1992). L’INSEE nous apprend aussi que les enfants d’ouvriers, finiront probablement ouvriers, et précaires de surcroît. Les fils d’ouvriers sont deux fois plus souvent au chômage, en CDD ou en intérim que les fils de cadres. Et quand des enfants d’ouvriers diplômés peuvent accèder à des postes dignes de leur niveau c'est parce que… ils sont moins exigeants ! Ils sont le nouvel apport à la population des pauvres : des nouveaux surdiplômés au statut précaire… on les appels communément « les intellos précaires ». Et oui la précarité n’est pas prête de disparaître et elle a longue vie, car le chômage, les œuvres gouvernementales, la soumission à l’employeur ne permettent pas à ces nouveaux précaires de se révolter au risque de perdre leur « réseau », leur travail. Les démago les stigmatisent « ce sont des paresseux, des profiteurs,… ». On nous rabâche depuis un bon moment le fait qu’il n’existe plus de classes populaires mais qu’il existe une immense classe moyenne entourée des « exclus » et des « élites » (car on ne parle plus de bourgeoisie et de prolétariat), on se plaint des impôts etc. mais c’est une contre-vérité grandiose, car aux ouvriers on peut ajouter comme ça été dit plus haut des employés de divers secteurs, ils forment bien une grande partie de la population française. Pourquoi ne veut-on pas voir que la situation des classes populaires s’est détériorée depuis plusieurs dizaines d’années ? Les émeutes de l’année passée sont des manifestations « à l’ancienne » de cette détresse sociale, on ne veut pas regarder les choses en face car cette action collective ne peut être vue comme légitime (tel que les manifestations, les pétitions etc.) Il va falloir réfléchir à cela et agir, car le peuple se meurt avec ces discriminations (géographiques, sociales, raciales…) et parce qu’un politicien véreux s’insinue à monter les français les uns contre les autres. Les pauvres contre les riches et la soit disant « classe moyenne », les habitants de banlieues contre les autres et contre l’ordre, les français de « souche » contre les français d’origine étrangère. A la lancé grandiloquente « La France tu l’aime ou tu l’as quitte », je réponds que cette France n’est rien d’autre que ce peuple qui est défiguré, dénigré, oppressé, méprisé.

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DE LA PROPAGANDE POLITIQUE (01-10-06)

  Ce texte est inspiré du livre de Domenach Jean-Marie, La propagande politique.  

A. QUELLE DEFINITION DONNER AU MOT PROPAGANDE ?

« La propagande est une tentative d’influencer l’opinion et la conduite de la société de telle sorte que les personnes adoptent une opinion et une conduite déterminée » (définition de Bartlett dans Political propaganda). Il est impossible de la dissocier de l’expression même des idées, de la confrontation des opinions. La démocratie a dû recourir à elle pour se défendre et continue d’en être imprégnée. Depuis qu’il y a des compétitions politiques, c'est-à-dire depuis l’origine du monde, la propagande existe et joue son rôle. Hitler : « La propagande nous a permis de conserver le pouvoir, la propagande nous donnera la possibilité de conquérir le monde. » Napoléon : « Il ne suffit pas, pour être juste, de faire le bien, il faut encore que les administrés soient convaincus. La force est fondée sur l’opinion. Qu’est-ce que le gouvernement ? Rien, s’il n’a pas l’opinion. » Bien sûr entre Napoléon est l’époque moderne il y a une grande différence dans la propagande ! Aujourd’hui la propagande a pour supports, la radio, la TV, les journaux, les affiches, le cinéma….   

La propagande a deux sources :  

La publicité Nombreux sont les procédés communs à la propagande et à la publicité (campagne publicitaire, campagne électorale, slogan publicitaire, slogan politique, etc.) Le progrès des techniques entraîne bientôt la publicité à un nouveau stade : elle cherche à « frapper » plutôt qu’à convaincre, à suggestionner plutôt qu’à expliquer. Le slogan, la répétition, les images attrayantes, l’emportent progressivement sur les annonces sérieuses et démonstratives : d’informative, la publicité devient suggestive. On mise sur l’obsession, sur l’instinct sexuel, etc. ces procédés, nous le verrons, la propagande politique ne tardera pas à les emprunter. L’homme moderne échappe difficilement aux procédés d’attraction, il est possible de le guider vers tel produit, tel marque, et même de faire naître un nouveau besoin. Formidable découverte pour les ingénieurs modernes de la propagande : l’homme moyen est un être essentiellement influençable, il est devenu possible de lui suggérer des opinions qu’il tiendra pour siennes, de lui « changer les idées » au sens propre. Tout un secteur de la propagande politique continue de vivre en symbiose avec la publicité.   

L’idéologie politique La propagande de type publicitaire se limite à des campagnes de mise en valeur de certaines idées et de certains hommes par des procédés bien délimités. Cette propagande est liée à l’introduction dans l’histoire moderne des grandes idéologies politiques conquérantes (jacobinisme, marxisme, fascisme) et à l’affrontement de nations et de blocs de nations dans les guerres nouvelles. Dans les guerres la propagande est l’auxiliaire de la stratégie… puisqu’on arrive même à soulever les populations et à en faire surgir sur les arrières de l’ennemi de nouveaux types de soldats, hommes, femmes, enfants, espions, saboteurs ou partisans. Il faut souligner à quel point les guerres modernes, en favorisant l’exaltation, la crédulité, le manichéisme sentimental, ont préparé le terrain à la propagande (guerre poursuivie par d’autres moyens). J. Monnerot (cité par Domenach) écrit : « les pouvoirs destructeurs contenus dans les sentiments et ressentiments humains peuvent donc être utilisés, manipulés par des spécialistes, comme le sont de manière convergent les explosifs purement matériels. » Les nouvelles propagandes politiques puisent elles aussi dans une mythologie de libération et de salut, mais liée à l’instinct de puissance et au combat – une mythologie à la fois guerrière et révolutionnaire. « Les hommes qui participent aux grands mouvements sociaux se représentent leur action sous forme d’images de bataille assurant le triomphe de leur cause.» Ces mythes qui touchent au plus profond de l’inconscient humain sont des représentations idéales et irrationnelles liées au combat ; ils possèdent sur la masse une puissance dynamique et cohésive.   

B. REGLES ET TECHNIQUES DE PROPAGANDE

La propagande est polymorphe et joue de ressources presque indéfinies. Comme l’a dit Goebbels, maître de la propagande nazie : « Faire de la propagande, c’est parler de l’idée partout, jusque dans le tramway. La propagande est illimitée dans ses variations, sa souplesse d’adaptation et ses effets. » 

Les principaux supports de la propagande sont les suivants : - L’imprimé, tel le livre qui demeure un instrument de base (Le Manifeste Communiste, ou Mein Kampf) ; le journal ; l’affiche et le tract. - La parole, le principal instrument de diffusion est la radio. La voix humaine donne à l’argumentation une vie, une présence que l’imprimé ne peux donner. - L’image, dont les espèces sont multiples, photos, caricatures, dessins satiriques… - Le spectacle, dont la TV… comme le cinéma, est un instrument de propagande particulièrement efficace, soit qu’on l’utilise pour sa valeur documentaire – il restitue la réalité avec son mouvement, et par là lui confère une authenticité indiscutable – soit qu’on l’utilise comme le théâtre pour propager certaines thèses à travers une vieille légende, un sujet historique ou un scénario moderne.   

1. Les règles d’usages

Règle de simplification et de l’ennemi unique

Dans tous les domaines, la propagande s’efforce de faire simple. Il s’agit de diviser sa doctrine et son argumentation en quelques points qui seront aussi clairement définis que possible. Les divers symboles évoquent à eux seuls tout un ensemble d’idées et de sentiments. Concentrer sur une seule personne les espoirs du camp auquel on appartient ou la haine qu’on porte au camp adverse, c’est évidemment la forme de simplification la plus élémentaire et la plus rentable. Ramener la lutte politique à une rivalité de personnes, c’est substituer au difficile affrontement des thèses, au lent et complexe mécanisme parlementaire, une sorte de jeu ont les peuples anglo-saxons aiment l’allure sportive et les peuples latins, le côté dramatique et passionnel. Ce n’est pas un surhomme que l’on présente aux masses, comme faisaient jadis les hitlériens : c’est un homme comme les autres. C’est le mode familier, presque intime, que l’on acclame ou que l’on conspue les candidats…. L’individualisation de l’adversaire offre beaucoup d’avantages. Les nazis transformaient chaque scrutin en un « combat contre le dernier opposant »… les hommes aiment être affrontés à des personnes visibles plutôt qu’à des forces obscures. On rassure ses partisans, convaincus d’avoir en face d’eux, non pas une masse résolue comme eux, mais une foule mystifiée conduite par un mauvais berger et qui l’abandonnera quand ses yeux s’ouvriront. On s’attaquera donc toujours à des individus ou à de petites fractions, jamais à des masses sociales ou nationales dans leur ensemble.

 

Règle de grossissement et de défiguration

Le grossissement des nouvelles est un procédé journalistique couramment utilisé par la presse de tous les partis qui « monte en épingle » toutes les informations qui vont dans son sens : une phrases hasardée d’un politicien… se transforment en preuves. La propagande réclame une expression qui soit comprise du plus grand nombre. Il faut le moins possible nuancer et détailler, mais d’abord présenter sa thèse en bloc, et de la manière la plus frappante.

 

Règle d’orchestration

La première condition d’une bonne propagande est la répétition inlassable des thèmes principaux. La permanence du thème, alliée à la variété de sa présentation, c’est la qualité maîtresse de toute campagne de propagande. L’orchestration d’un thème consiste en sa répétition par tous les organes de propagande dans des formes adaptées aux divers publics et aussi variées que possible. « Pour un public différent, toujours une nuance différente »…. Prescrivait une des directives de Goebbels… il est évident que pour qu’une propagande puisse être efficace qu’elle saches se nourrir des désirs plus ou moins conscients dans l’esprit de larges masses. Poursuivre et développer une campagne de propagande exige qu’on en suive de près la progression qu’on sache la nourrir continuellement d’informations et de slogans nouveaux et qu’on la relance au bon moment… Dans tous les pays, certains journaux, certains commentateurs de radio sont chargés de lancer des « ballons d’essai ». La façon dont réagit l’opinion nationale et internationale est une précieuse indication pour orienter la politique. « Le ballon d’essai » est surtout employé par la propagande de guerre ou pour préparer un changement de politique extérieure. Ce sont parfois des « missions sacrifiées » : si la réaction de l’opinion est défavorable ou si les circonstances ont soudainement changé, le journal ou l’informateur chargés de lancer le ballon d’essai sont désavoués et accusés de manquer de sérieux ou même d’être des « provocateurs » au service de l’adversaire. Il arrive que certains thèmes doivent être abandonnés parce qu’ils sont contredits par les faits ou par la propagande adverse. Dans ce cas, le propagandiste ne reconnaît pas son erreur – c’est une règle évidente que la propagande ne se contredit pas. Il se tait sur les poins où il est faible. C’est devenu un procédé quasi universel que la dissimulation ou le truquage des nouvelles favorables à l’adversaire. La condition essentielle d’une bonne orchestration est, dans tous les cas, d’adapter soigneusement le ton et l’argumentation aux différents publics.   

Règle de transfusion

Les vrais propagandistes n’ont jamais cru qu’on puisse faire de la propagande à partir du néant et imposer aux masses n’importe quelle idée à n’importe quel moment. On en contredit pas de front une foule, mais on commence par se déclarer d’accord avec elle, par se placer dans son courant avant de l’infléchir. Il existe ainsi dans la psyché des peuples des sentiments conscients ou inconscients que la propagande capte et exploite. Même le « bourrage de crânes » se fait dans un sens bien déterminé. Les journalistes le savent bien, ils n’offrent à leurs lecteurs que des informations choisies et digérées afin qu’elles les rassurent et les renforcent encore dans leur conviction. La propagande joue toujours le rôle « d’accoucheuse », même si ce sont des monstres qu’elle met au jour.   

Règle d’unanimité et de contagion

Nous savons qu’il y a une pression du groupe sur l’opinion individuelle et les multiples conformismes qui naissent dans les sociétés. La plupart des hommes tiennent avant tout à « consonner » avec leurs semblables ; ils oseront rarement troubler l’harmonie qui règne autour d’eux en émettant une idée contraire à l’idée générale. La propagande aura donc pour tâche de renforcer cette unanimité et même de la créer artificiellement. Pour créer l’illusion d’unanimité, la propagande a toutes sortes de ressources. Les écrivains, savants, artistes, sportifs de renom jouent aussi à l’occasion le rôle de «personnalités-pilotes ». Le public qui les admire se laisse volontiers impressionner par leurs options politiques. Autrement le moyen de contagion le plus répandu est évidemment la manifestation de masse, meeting ou défilé. On y discerne facilement les éléments destinées à donner à la foule un « être unique » (ou un « être ensemble ») : les drapeaux, les emblèmes, insignes, les inscriptions et devises, les uniformes des partisans, la musique… Toute personne ayant participé à des meetings politiques ou même aux défilés politiques ou sociaux a pu voir cela… la foule, la masse vibre dans un état rythmique… les discours de bons mots, de phrases ironiques qui détendent brusquement la salle et engendrent le rire, qui est le meilleur moyen de souder une foule, en lui donnant le sentiment d’une espèce de complicité joyeuse. Lors des manifestations spontanées pour la coupe du monde aux Champs-Élysées, par exemple, la foule défile d’une façon démonstrative et passionnelle. Chaque personne est intéressée et est entraînée par elle.   

2. La contre-propagande

La contre-propagande, c'est-à-dire la propagande en tant qu’elle combat les thèses de l’adversaire, peut être caractérisée par quelques règles secondaires qui lui sont propres : Repérer les thèmes de l’adversaire ; attaquer les point faibles.

- Ne jamais attaquer de front la propagande adverse lorsqu’elle est puissante

- Attaquer et déconsidérer l’adversaire - Mettre la propagande de l’adversaire en contradiction avec les faits

- Ridiculiser l’adversaire

 

La propagande ne se mène pas isolément. Elle exige une politique cohérente, et d’être accordée à cette politique. Les perfectionnements de la technique « imprimerie, radio et cinéma », l’étatisation ou le contrôle étatique des grands canaux de diffusion confèrent évidemment l’emblée une énorme supériorité aux propagandes gouvernementales.

 

C.LA PROPAGANDE ILLUSION CREATRICE ET LIBERTICIDE

Comme le rêve, la propagande contribue à nous faire vivre une autre vie, une vie par procuration. La politique peut jouer ici le même rôle d’exutoire que le sport, et la foule « projette » son désir d’aventures et d’héroïsme sur un homme d’Etat ou sur un chef de parti comme sur un grand champion cycliste ; toute l’habileté de la propagande consiste à nous faire croire que cet homme d’Etat, ce chef de parti, ce gouvernement nous « représentent », non seulement défendent nos intérêts, mais assument nos passions, nos soucis, nos espoirs. L’argumentation de type « je suis l’un d’entre vous » est la ressource favorite des hommes d’Etat dans les pays démocratiques. Dans les circonstances tragiques, cette projection sur le chef est favorisée par le besoin de chercher refuge auprès d’un « père » (ou d’une « mère) qui vous protège (l’exploitation de ce sentiment constitua la base de la propagande paternaliste de Pétain). Cependant cette utilisation de la propagande peut conduire aux pires perversions. Si elle n’est pas contrôlée, si elle peut disposer à sa guise de tous les moyens de diffusion, une telle propagande prétend bientôt imposer son rêve à tous et lui donne raison à tout prix, c'est-à-dire substituer jusque dans les détails à la réalité une autre réalité à laquelle doivent se plier les hommes et les faits. D’où l’usage courant, et devenu en quelque sorte normal, de la censure et de la fausse nouvelle. Les peuples aiment rêver, mais il arrive aussi un moment où ils ne veulent plus « s’en laisser conter ». Partout on réclame des faits, des chiffres, des témoignages. De nombreux symptômes indiquent qu’une grande partie des populations européennes manifestent de la répulsion pour tout ce qui évoque la propagande. Le dégoût des propagandes est certainement un des facteurs essentiels de l’abstentionnisme électoral. Aujourd’hui, la distinction entre la propagande et l’information devient de plus en plus difficile. Si la propagande a perdu beaucoup de sa violence, elle ne se dissimule que mieux derrière une information d’apparence objective.    La propagande ne peut rien si elle ne rencontre pas un terrain favorable. Dans tous les pays, les classes moyennes, nouvelles couches sans tradition et sans insertion définie sont plus perméables à la propagande que les autres classes sociales, menacées par la misère et la prolétarisation, comme elles l’étaient alors en Allemagne, elles formaient une masse particulièrement instable qui se laissa facilement envoûter par les slogans hitlériens. La propagande a pour fonction essentielle d’assurer un dégagement de l’opinion profonde de chacun, ce passage de l’obscur à l’exprimé, de la velléité à la prise de parti, cette croyance qu’un homme et un programme « représentent » au mieux, ou au moins mal, ce qu’on désire au-dedans de soi, et que par conséquent il faut voter pour eux. Cette fonction s’exerce sur l’énorme masse des hésitants, de ceux qui cherchent à se former une conviction. Il est rare que ces individus soient absolument indifférents. Il y a presque toujours chez eux un point de vue plus ou moins inhibé par des raisons personnelles ou sociales, une opinion dormante qu’il appartient à la propagande de réveiller et d’aimanter.    Derrière un mot d’ordre, un symbole, des masses se soulèvent, des armées tuent… dès sa naissance, l’individu, est conditionné par la télévision, par des livres, par des contes, par l’école et la société qui l’orientent vers une case où il se doit de rester et de vivre. Contre l’invasion du mensonge et du mythe, il faut dresser et fortifier la faculté de refus sans laquelle il n’existe pas de morale, et non plus d’intelligence. Descartes l’a montré : la faculté de suspendre, pour examiner, pour se soustraire au préjugé – fut-il porté par cent millions d’hommes – la faculté de résister à l’appel dévorateur des mythes, « séduisants refuges, remplaçant pour chacun la grandeur conquise par la grandeur clamée, l’effort intérieur par la servilité confortable »( Mounier E., La Révolution contre les Mythes, cité par Domenach J.M.)

La liberté ne s’enseigne pas, mais l’éducation y prépare. La liberté, comme toutes choses humaines, ne fonctionne valablement que sur un fond d’habitudes acquises.

 

Alors vous voilà prévenus, faites vos choix politiques (quelqu'ils soient) en toute conscience et connaissance de cause. Rapprochez les informations variées, ne vous fiez pas qu'à un son de cloche, qu'à une tendance. Construisez votre opinion. Ne vous laissez pas berner et manipuler.

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Les femmes publiques et le pouvoir politique (15-10-06)

Aujourd'hui la question des femmes au pouvoir est d'actualité. Nous avons eu dans notre histoire un passage rapide d'une femme premier ministre (Edith Cresson en 1991-1992), mais une femme président cela serait-il possible aujourd'hui en France? Je fais ici une courte introduction sur la question de la place des femmes dans l'espace public et sur la question de leur pouvoir politique.      

« La République, et c’est son grand honneur, a pris à tâche de répandre la lumière le plus possible. Il ne s’agit pas de faire de vous des savantes. On ne veut pas davantage former des avocates ou des politiciennes. Votre place n’est ni à la barre d’un tribunal, ni dans une assemblée publique ; elle est au foyer domestique. Jouer un rôle sur la scène plus éclatante répugne aux mœurs traditionnelles de la femme française, à je ne sais quel sentiment respectable et profond de pudeur. » (Discours du maire d’Abbeville à la remise des prix le 1er août 1898 auprès des jeunes filles d'un collège)   Dans cet extrait d'un discours d'homme politique apparaît la question qui touche les femmes et qui les poussent et les ont poussé à rester dans l’espace privé : la pudeur. Le problème se pose, dès la Révolution Française, dès les premiers plans de l’instruction publique, dès que l'on pense l’éducation des filles à celles des droits politiques des femmes : « Nous avons annoncé des principes d’instruction pour les femmes ; ces principes nous paraissent très simples. On ne peut d’abord séparer ici les questions relatives à leur éducation de l’examen de leurs droits politiques ; car en les élevant, il faut bien savoir à quoi elles sont destinées. Si nous leur reconnaissons les mêmes droits qu’aux hommes, il faut leur donner les mêmes moyens d’en faire usage. Si nous pensons que leur part doive être uniquement le bonheur domestique et les devoirs de la vie intérieure, il faut les former de bonne heure pour remplir cette destination […]. Destinées aux soins intérieurs c’est au sein de leur famille que les femmes doivent en recevoir les premières leçons […]. Que toutes vos institutions doivent donc à concentrer l’éducation des femmes dans cet asile domestique : il n’en est pas qui conviennent mieux à leur pudeur. » (plan d’Instruction publique présenté par Talleyrand devant l’Assemblée Nationale en septembre 1791 au nom du Comité de Constitution). Il serait idiot de penser qu’aujourd’hui cette question de « la pudeur », du corps féminin déplacé de « l’asile protecteur du privé » à « l’exhibition » de la place publique n'est plus. L’historienne Michèle Perrot nous dit bien qu’il n’y a « rien de plus machiste qu’une assemblée politique française, composée d’hommes à plus de 90% ... dès qu’une femme prend la parole, on l’attend au tournant. Sa voix ses gestes, son look, tout son corps est l’objet d’un examen où l’ironique et le vulgaire l’emportent. Surtout si, en plus, elle est jeune et jolie.» Elisabeth Guigou dans son ouvrage « Etre femme en politique » (1997) nous le dit. Geneviève Fraisse et Roselyne Bachelot (« Deux femmes au royaume des hommes », 1999) soulignent qu’« une femme « normale » est déplacée dans le monde du pouvoir […] ; d’une certaine manière le fait de vouloir conserver sa féminité finit par vous disqualifier. »  

Sans oublier que la France a été l’un des derniers pays à avoir étendu le droit de vote aux femmes. Plus d’un siècle après l’extension du suffrage universelle aux femmes, ces dernières restent confinées à la portion congrue dans l’espace politique français, voici quelques chiffres donnés en 99 par l’observatoire de la parité entre les hommes et les femmes :

-         la part des femmes élues est de 6% au Sénat

-         7% dans les conseils généraux

-         10% à la chambre des députés

-         8% sont maires

-         22% sont conseillères municipales    

Le retard particulier de la France dans la sphère du pouvoir politique pourrait s’expliquer par diverses raisons. On donne généralement, pour expliquer ce retard, pour excuse l’influence de l’Eglise Catholique qui est plus forte chez les femmes que chez les hommes. D’où donc la réticence des républicains (pour les plus anti-cléricaux, notamment des radicaux, surtout dans la France où la question laïque a pris une grande intensité) à accorder le droit de vote aux femmes. Dans l’entre deux guerres le Sénat (où le parti radical avait gardé de fortes positions) n’avait pas avalisé les décisions de la Chambre des députés favorables à l’extension du droit de vote aux femmes.    Jules Ferry, fondateur de l’école républicaine, nous dit qu’il faut « modérer l’énergie, tempérer l’égoïsme, voilà la fonction de la femme, au point de vue social le plus élevé. Mais […] pour l’exercer, il faut qu’elle reste elle-même […]. Il faut qu’elle n’ait part ni aux fonctions de production, ni aux fonctions de direction. »   Comment expliquer cette situation de la femme par rapport à l’espace public en France ? Même parmi les plus fervents défenseurs de la démocratie. La France pays de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est devancée de loin par la plupart des pays du continent : 1906 pour les Finlandaises 1913 pour les Norvégiennes 1915 pour les Danoises 1918 pour les Allemandes 1919 pour les Hollandaises, 1920 pour les Tchécoslovaques 1928 pour les Anglaises 1931 pour les Espagnoles et les Portugaises Et qu’en 1944 pour les Françaises…  

L’historien Pierre Rosenvallon a proposé une autre interprétation, en comparent l’obtention du droit de vote des femmes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et l’obtention du droit de vote des femmes en France. L’obtention de ce droit dans les pays anglo-saxons tient aux fondements philosophiques et politiques du droit au suffrage. Son fondement serait donc utilitariste : les femmes conquièrent leur droit de vote du fait de leur spécificité en tant que groupe qui introduit ses préoccupations propres ses intérêts particuliers. En France le droit de suffrage est un dérivé du principe d’égalité politique entre individus, de l’universalisme. Principe d’universalisme qui est un obstacle au suffrage féminin car la femme est privée d’un droit du fait de sa particularité même. Elle n’est pas un vrai individu abstrait car marquée par la détermination de son sexe. En France, les préjugés empêchent la femme d’être perçue comme un individu social, elle est renvoyée en permanence à son rôle domestique.   Pourtant cela n’explique pas tout, car les femmes ont un niveau de scolarisation, un taux d’insertion professionnelle nettement plus élevés que la moyenne des autres pays de l’Europe communautaire. Pour Françoise et Claude Lelièvre auteurs de « L’histoire des femmes publiques contée aux enfants » (2001), l’enseignement de l’histoire y est pour quelque chose tout en démontrant aussi sa dimension purement sexiste. Ils nous rappellent que l’histoire est une passion. En France son enseignement peut devenir littéralement une affaire d’Etat, nous le voyons effectivement avec les débats de ces derniers temps : avec les lois proposées telles que la négation du génocide arménien ou encore les bienfaits de la colonisation. Pour l’historien Antoine Prost « L’histoire tient dans l’univers culturel et social des français une place éminente. Nulle part ailleurs, elle n’est aussi présente dans les discours politiques ou les commentaires des journalistes. Nulle part ailleurs elle ne bénéficie d’un statut aussi prestigieux. L’histoire est la référence obligée, l’horizon nécessaire de toute réflexion. » (Douze leçons sur l’histoire, 1996).     Quelles images de la femme publique, politique, retrouvons-nous dans les livres d’histoire ? Il y a les reines qui sont toutes mauvaises avec une seule exception apparente (Blanche de Castille) : Brunehaut, Isabeau de Bavière, Catherine de Médicis, Marie de Médicis, Marie Antoinette… Il y a aussi les jeunes filles au statut social évanescent, au pouvoir limité, et consacrées à une cause transcendante : Jeanne d’Arc ou encore Louise Michel, « la vierge rouge »… Avec les allégories féminines : la République, la Patrie, la Liberté… l’on voit que les femmes peuvent incarner des symboles politiques mais qu’elles n’ont pas pour autant de rôle politique réel.    Que penser alors…. Par la lecture des mots et des représentations l’on peut voir que le rapport homme-femme est basé sur « la nature » même. Dans les représentations sociales communément admises, le pouvoir politique est viril, masculin… On sait qu’un homme peut être « féminin » et une femme « masculine ». Pourtant à « la virilité » il n’y a pas d’équivalent au féminin… une femme « virile » et un homme « … » ? Il n’y a pas de symétrie dans le langage mais l’on retrouve un antonyme qui permet de dire que lorsqu’on parle de femme « virile » on peut parler d’homme « efféminé ». L’on devine que les affirmations diverses, les impératifs réitérés, les barrières, les règles… qui se fixent comme soutien, le maintien, la promotion de la virilité, de la masculinité… sont une défense face à une crainte des idéologies machistes, virilistes, masculines et réactionnaires … la peur de se voir perdre ce pouvoir « mâle », d’homme supérieur à la femme. La crainte que l’homme face à la femme de pouvoir devienne « efféminé » (on peut voir cela dans les représentations que l’on fait du couple Royal-Hollande). D’ailleurs je me pose la question de savoir si la loi qui interdit aux femmes de porter le pantalon (le vêtement, pas le symbole !) n’est toujours pas abrogée…

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De l'agir politique, d'après Pierre Bourdieu (19-12-06)

                                               contre_immigration_jetable3

La protestation impuissante ou la désertion insignifiante de l’individu isolé par des formes diverses de l’action sérielle, celle du vote qui ne devient efficace que par l’effet des mécanismes aveugles et parfois pervers de l’agrégation statistique pourrait céder à la protestation collective, à la fois unitaire et collective, cohérente et puissante. Transmutations de l’implicite éprouvé en explicite manifesté, publié, du simple cri de la révolte ou de l’indignation en voix capable de se faire reconnaître comme telle, c'est-à-dire comme porteuse d’une part d’universel, et par là d’humanité.

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La Politique propriété de tous (22-12-06)


                                               PATRICK5

Pourquoi cette question de la politique et de la représentation est-elle intéressante pour nous, pour moi, qui propose ici une poursuite de la réflexion entamée dans les commentaires de Bloogy Woogy et de Un Chouka dans l’article « Retour sur une expérience blogosphérique » (sur le blog "Augustine de Kervalec, pour une France plus fraternelle). Il est né de ces échanges un questionnement sur les rapports entre le citoyen lambda et les professionnels de la politique. Les rapports entre mandants et mandataires, profanes du politique et les professionnels du monde politique. La méfiance et la confiance envers les politiciens, la possibilité d’action et de résultats des militants. La représentation des « dominés ». La question de la possibilité de l’action politique et celles de ses limites.   


En quoi le monde politique est un monde à part ?   Le monde politique est un monde à part dans le sens où la parole légitime n’est pas accessible à tous et surtout pas à ceux qui sont en dehors. C’est un monde à part car il a son propre fonctionnement. Dans les partis on « socialise » les nouveaux, on leur apprend à réagir en individu politique, à laisser de côté leur vision spontanée des choses politiques et publiques, on leur apprend la langue de bois, les luttes internes, à se confronter aux adversaires, sauvegarder sa réputation (on ne peut pas faire n’importe quoi quand on est dans un parti ou une organisation politique). L’acquisition d’un savoir propre à chaque organisation politique se fait donc par le biais des anciens. Ceux qui n’y adhérent pas ne peuvent acquérir ce savoir du monde politique. Il faut garder à l’esprit que les politiques se doivent de faire référence et rendre des comptes à ceux qu’ils doivent représenter, il y a des limites à l’autonomie.   


La politique est-elle vraiment un lieu de séparation entre les profanes et les professionnels au service des dominants ?

Effectivement la politique à un discours légitimant la position des dirigeants, elle est porteuse d’idées reçues provenant d’une vision commune des politiques. Les professionnels de la politique sont les producteurs de ces idées, alors que les hommes et les femmes ordinaires, les profanes, sont réduits au statut de « consommateurs », excluant ainsi un grand nombre de citoyens de la production même de la politique. Ils n’ont pour alternatives que de s’abstenir ou de s’en remettre au choix de leurs représentants. Notons qu’il existe quand même des citoyens qui peuvent faire des choix « avertis ».

La lutte politique n’est pas qu’une question de débat d’idées, c’est aussi une opposition d’idées forces. Idées forces dans le sens où elles ont la capacité de mobiliser un certain nombre d’individus. Ces forces s’expriment par la parole et par les actions des délégués politiques. Pierre Bourdieu utilise dans un de ces écrits, une métaphore théâtrale pour décrire le champ du politique. Il parle des « dominés » qui pensent que ce n’est pas la peine d’intervenir sur la scène puisque c’est dans les coulisses (lobbying) que les décisions sont prises, ces « dominés » ont le sentiment de ne pas y avoir accès. Il y aurait donc une coupure entre le grand public, formé de profanes et les professionnels. Cette coupure repose sur des déterminants sociaux : sexe, niveau d’instruction, amenant ainsi à penser qu’il existe une inégalité dans la distribution de l’accès aux moyens de participer à la politique. Une partie des problèmes politiques qu’on nous présente comme des problèmes politiques importants sont en fait important que pour les politiques car ils leurs permettent de faire des différences entre eux. Pierre Bourdieu nous dit que dans cette séparation entre profanes et politiques, les journalistes jouent aussi un rôle, ils ne mettent pas sur la scène publique tout le monde, il y a ceux qui sont reconnu comme portant une parole politique légitime et les autres. De plus, n’existe-t-il pas des connivences entre ces derniers et les hommes et femmes politiques.   


La lutte politique

La lutte politique est une lutte pour le maintien ou pour le changement de la vision du monde social. Elle construit un sens commun qui apparaisse comme vérité pour tous. La politique est un lieu de manipulation « légitime (car basé sur la représentation du peuple) de la vision du monde », mais elle est aussi lieu de dépossession et de la remise de soi qui est d’autant plus grande que les individus sont démunis de capital culturel, économique etc. Les politiciens usent d’idées-forces capables de mobiliser un grand nombre pour valoriser leur discours et leur légitimité. Les opposants ne peuvent face à une idée vraie qu’opposer une réfutation, mais face à une idée force il faut en présenter une autre capable de mobiliser dans une manifestation de quelque forme qu’elle soit une opposition. Les syndicats sont une des forces d’opposition aux discours, aux actes et décisions des politiques gouvernementales.

Il est probable que mes propos déplaisent car ils seront perçus comme détruisant l’illusion de la participation effective et réelle de tous au monde politique. Toutefois je n’ai pas l’autorité ni l’exclusivité de la parole vraie, ceci n’est qu’un avis personnel, les critiques autant que les appuis seront la bienvenue.    Je reste fière toutefois de ce monde politique français démocratique et qui appartient aux citoyens. Nous avons un ordre social, des services publics qui quoique l’on dise ne sont pas archaïques et portent encore cette idéal d’Etat social qui nous ai propre et que nous ne devons pas laisser se faire brader par les appétits libéraux. L’accusation d’irresponsabilité lancée contre les citoyens par certains politiques ne doit plus être. Mêlons nous de ce qui nous regarde ! Désacralisons ce cercle « sacré » de la politique. L’exercice de la politique doit être possible et accessible à tous.   


Du statut de spectateurs à celui d’acteurs

Les citoyens ne doivent pas rester des spectateurs, ils doivent être acteurs. Le mouvement social s’exprime par la force de son expression, de ses forces réunies. Les victimes de l’oppression économique, sociale et politique ont pour caractère principal d’être sans voix. Les irresponsables ne sont pas ceux que l’on croit, ceux qui sont irresponsables sont ceux qui essayent de faire taire ses voix réclamant leur dû. Il est devenu une habitude dans les discours que les pauvres, les RMIstes, les syndicalistes qui font grèves (seuls moyens de pression à leur disposition face aux décisions patronales) sont des irresponsables. Il faut arrêter d’attaquer les pauvres et les travailleurs. Ce sont les inégalités et la pauvreté qu’il faut combattre et non l’expression du peuple. Les égoïstes qui voient dans les mouvements sociaux des transports ou autres de l’irresponsabilité, outre le mépris et l’inconscience qui ressortent dans leurs propos n’ont rien d’intéressant à nous apporter ici, l’individualisme qui est le propre de notre monde cache aux regards des uns les douleurs et les difficultés des autres. Les situations de pauvreté sont cachées sous des tentes, dans des mots nouveaux et des statistiques qui disent que ce que l’on souhaite faire croire ou que l’on croit peut-être naïvement. Les mouvements sociaux heureusement gardent une visibilité médiatique et publique. La morale s’absout dans des dons et dans des mots larmoyants.

 

Nous avons à travers le vote la possibilité de peser sur le choix de nos représentants, de ceux que nous souhaitons voir gouverner notre pays, tachons de valoriser ce droit, de faire entendre nos voix, VOTONS. Pour ceux qui se sentent l’envie, le courage, la volonté et la force d’agir autrement que par ce biais engagez vous, les lieux d’existence et d’expression du politique sont illimités, allez vers les partis, les syndicats, les associations et les collectifs divers. Car l’opinion la plus élaborée et la plus apte à changer les choses et celle faite par l’action collective. L’activité politique n’est pas que solitaire, heureusement pour nous, car la parole des organisations reste une parole autorisée et porteuse d’une force à part entière. La protestation d’un individu isolé, quelle qu’en soit la forme n’a pas autant de puissance de portée que si elle est partagé par un plus grand nombre.    Ne perdons pas de vue que parmi les politiques, les militants, il existe des personnes qui n’ont pas perdus leurs idéaux, qui ont d’autres intérêts que les leurs et qui luttent pour le bien de tous. La République appartient à chacun d’entre nous, tachons de lui faire honneur, et de lui donner le visage qui nous appartient de dessiner.


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L'Etre Ensemble comme Pouvoir selon Hannah Arendt (16-01-07)

                                                   hannah_arendt

"L’être ensemble" dans la Cité, "L'être ensemble comme pouvoir" est l'idée principale et propre à Hannah Arendt. Cette idée de pouvoir par l’être ensemble est due au fait qu’exilée en 1933, suite au choc hitlérien et à la Shoah, elle s’interrogea sur le pouvoir politique et sur le devenir des espaces publics détruit par les totalitarismes. La cité terrestre est « toujours en même temps une communauté (societas) déterminée par un être avec et un être pour autrui, et non pas une simple coexistence ». La descendance commune détermine une parenté qui excède toute ressemblance. La dépendance réciproque détermine l’être ensemble, elle s’exprime par l’échange et de ce fait par la confiance en un avenir commun. Cette communauté de « l’être ensemble » est fondée à la fois sur la nature et par l’histoire. Hannah Arendt, part de l’idée de Saint Augustin, selon laquelle la cité peut s’édifier dans la concorde du fait que « le monde est la demeure de l’homme » ; La cité est le lieu de « l’être avec », de « l’être pour autrui ». Chaque personne du genre humain a le droit à l’amour, non pas en raison d’une quelconque affection, mais du fait de l’appartenance à une même communauté de nature.    La violence trouve sa place dès que la souveraineté du peuple est occultée, s’opère ainsi « l’amalgame du pouvoir et du commandement, de la contrainte et de l’obéissance. » Dans la définition qu’elle donne du pouvoir dans Sur la violence, elle énonce que « le pouvoir correspond à l’aptitude de l’homme à agir de façon concertée. Le pouvoir n’est jamais une propriété individuelle ; il appartient à un groupe et continue à lui appartenir aussi longtemps que ce groupe n’est pas divisé. »

 

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De la connerie de l'Homme

Inno, 16e arrondissement, vendredi soir... deux manches qui se frolent légérement d'une manière presque imperceptible, un hurlement de frayeur, une réaction plus que violente "Mais faites attention vous m'avez bousculée".... yeux effarés grands ouverts visage terrifié... je ne comprenais pas "désolée mais nous nous sommes à peine effleuré". Visage haineux et toujours aussi terrifié "mais faites attention!! plus personne ne fait attention à personne aujourd'hui". Ca y est j'ai compris... ce regard haineux, ses yeux plus que parlant, ce dédain dans le comportement... ne cherchons pas à parler ni à nous expliquer il n'y a rien à faire ce serait peine perdue "désolée mais je viens juste prendre des pommes... aurevoir".

"La bêtise et la brutalité n'outragent pas; l'insulte intelligente est la seule insulte"
                                     Victor Hugo

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26 septembre 2007

FIN D'AUGUSTINE DE KERVALEC... DEBUTS D'ANNA

Voici les premiers pas d'Anna B-k. Il faut bien commencer quelque part... Je remet ici le texte de mon dernier post sur "Augustine de Kervalec, pour une France plus fraternelle". Prenez la création de ce nouveau blog comme une continuation et non comme une rupture. Veuillez noter toutefois que la signature de mes posts resteront A-d-k ayant créé il y a un bout de temps un compte sur canalblog j'ai un peu la flemme de changer :)


                                                   san_juan_chamula_au_mexique_enfants_du_monde



Augustine de Kervalec prend une pose, peut être définitive, seul l’avenir pourra y répondre. Aujourd’hui, je n’arrive plus à croire en cette France Fraternelle. C’est un sentiment que j’ai depuis un moment, mais ce matin en prenant exceptionnellement le métro très tôt de banlieue (5h), j’ai vu des visages, celle du peuple qui se lève réellement tôt, qui travaille toujours plus pour nourrir, habiller ses enfants. Celle qu’aujourd’hui on piétine, qu’on bafoue, celle qu’on blesse. Cette France elle a plusieurs couleurs, plusieurs vêtements et plusieurs visages. C’est celle de la mama mauritanienne qui avec son visage d’ange va nettoyer les bureaux de ceux qui en se levant trois heures plus tard gagnent au moins deux fois son salaire. C’est celle de ce père sri-lankais dont les mains sont usées par le travail manuel, celle de ce jeune qui ira travailler comme manœuvre dans un supermarché. Cette France qu’on a ratonnée, cette France qu’on a jeté dans la seine, cette France qu’on regarde toujours avec un œil suspicieux, cette France qu’on fait vivre dans des taudis, cette France qu’on assassine à coups de flashball et d’insultes télévisées. Cette France qu’on ne veut pas reconnaître comme faisant partie intégrante de la République Française. Cette France c’est celle de mon père qui se levait pourtant très tôt et qui travaillait dur sous la neige, sous la pluie, sous la canicule. Avec le smic il nourrissait, habillait, emmenait en vacances une famille de quatre enfants. Aujourd’hui quand j’entends des plaintes sur les impôts à payer, quand je lis « je déteste les pauvres », quand j’entends « ces étrangers tous des profiteurs qu’ils rentrent chez eux ils y seront mieux » j’enrage. Cette France c’est celle de ma mère qui ne se plaint jamais, qui se lève tous les matins à 5h comme cette mama mauritanienne pour remplir le frigo de la famille. Jusque là j’ai toujours pensé que la persévérance, la communication, le savoir des uns et des autres pourraient permettre un meilleur vivre ensemble, une reconnaissance, au sein de cette grande maison qu’est la France. Depuis ma tendre enfance j’ai entendu des atrocités, j’ai pris des coups, je me suis toujours relevée en me disant qu’un jour cela changera et que quand on veut on peut. J’ai construit ma vie ainsi, faite pour que les choses changent enfin, en mieux, mes engagements associatifs, politiques, mes études, ma thèse, ce blog … dans l’amertume j’ai essayé de continuer encore à fixer ce but ultime et qui me tenait tant à coeur. Mais je n’y arrive plus mes yeux ne veulent plus voir, mes oreilles ne veulent plus entendre, mon cœur ne supporte plus cet état des choses. Malgré quelques îlots - pansements formés par des amis, par un petit nombre de politiciens, intellectuels, et quelques bénévoles associatifs sans oublier les petits trésors que l’on retrouve sur certains blogs et ailleurs, je n’arrive plus à y croire. Je suis profondément désolée de ne plus pouvoir rien écrire ici.

Posté par A_d_K à 22:18 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]